Le weekend des Patriotes, du 16 au 18 mai, marque le début de la saison estivale au Québec et la réouverture des sentiers après la pause annuelle de la période de dégel. Pour la nature comme pour nous, c’est la fin du long hiver canadien et le début des beaux jours. Nous sommes ravis ! Certes, nous avons passé une partie de l’hiver au chaud. Mais nous sommes tout de même très heureux de voir le printemps arriver. Pour ce weekend de trois jours, nous partons pour notre premier trek de la saison. En fouillant un peu à la recherche d’un sentier de longue randonnée près de Montréal, nous avons découvert un sentier secret de 50 kilomètres au parc national de Mont Tremblant ! C’est parfait pour une petite mise en jambe avant l’été 🥾. C’est parti pour la longue randonnée de Mont Tremblant sur 3 jours et 2 nuits en refuges.
Jour 1 – 12 kilomètres du centre des visiteurs au refuge Le Liteau
Samedi 16 mai 2026
Notre weekend à Ottawa pour le Festival des Tulipes nous a offert un printemps verdoyant et des arbres déjà bien fleuris. Mais à Mont Tremblant, le printemps a quelques semaines de retard. C’est tout juste si les arbres présentent quelques timides bourgeons. Les bois sortent à peine du long hiver québécois et l’été semble encore loin. Les températures sont toutefois nettement à la hausse. Nous sommes heureux de renouer avec la randonnée d’été pour la première fois de l’année.


Nous entamons la longue randonnée de Mont Tremblant au centre des visiteurs du secteur de la Diable. Il est 13 h 30 lorsque nous endossons nos sacs à dos de randonnée, car nous nous sommes trompés de secteur ! Au lieu de venir au secteur de la Diable, nous sommes allés côté Pimbina. Résultat : 60 kilomètres de détour et un départ plus tard que prévu. Heureusement, nous n’avons que 12 kilomètres à faire aujourd’hui. Nous laissons Jeepy sur le parking du centre de découverte. Puis, nous contournons une partie du lac Monroe et coupons tout droit dans le bois en direction des chutes Croches, à 5 kilomètres de là. Nous nous retrouvons rapidement seuls au monde. Il faut dire que ce chemin de longue randonnée à Mont Tremblant est relativement secret.





Fonte des neiges oblige, le débit est puissant aux chutes Croches. Nous prenons ensuite la direction du refuge Le Liteau, à 7 kilomètres des chutes. Le chemin monte en pente raide dans un bois humide, et nous essuyons quelques gouttes de pluie. On découvre également quelques tas de neige au fond de ravins ou au pied de hautes parois rocheuses. Dans ces bois sombres et froids, l’hiver persiste encore un peu.



Le refuge Le Liteau est finalement en vue. Ce beau refuge d’un rouge sombre se dresse au bord du lac Croche-Liteau. Nous entrons timidement à l’intérieur et découvrons un beau refuge de 12 personnes… complet ! En bas, il y a un grand espace de vie avec deux tables d’un côté et deux lits superposés de l’autre côté. Un poêle à bois trône au centre de la pièce. Puis il y a deux mezzanines de chaque côté, accessible par une échelle bien raide. Les randonneurs nous accueillent en nous montrant les 2 dernières places libres, en haut de la mezzanine. Ce sera parfait pour ce soir ! A 12 dans le refuge, on devrait se tenir chaud !



Arrivés derniers, on doit se contenter d’adosser nos sacs à dos au tas de bûches près de l’entrée. Et pour manger, c’est dehors ! De toute façon, notre réchaud fait un bruit d’hélicoptère assourdissant, donc on est mieux dehors. Il pleut, alors on s’installe sous l’abri des bûches pour cuisiner nos pâtes et faire chauffer de l’eau pour le thé et le café. Dans la soirée, le ciel se dégage timidement, nous offrant un beau spectacle sur le lac. On part se coucher à la nuit tombée. Pour accéder à nos couchettes sur la mezzanine, on doit enjamber nos voisines. Un peu de lecture, boules Quies et au lit !

Jour 2 – 17 kilomètres du refuge Le Liteau au refuge La Cache
Dimanche 17 mai
Malgré les 12 personnes dans ce petite refuge au fond du bois, la nuit a été calme. Les boules Quies ont probablement aidé à rester sourd à certains ronflements impromptus. Lorsqu’on se réveille, la plupart des autres randonneurs sont déjà levés et en train de petit-déjeuner. La météo est splendide, alors on s’installe dehors, face au lac, pour réchauffer notre lait (en poudre) et gruau. Nous sommes finalement les derniers à partir, un peu après 8 heures. Direction le refuge La Cache, à 17 kilomètres d’ici !




C’est le premier weekend de la saison estivale, et le chemin de longue randonnée de Mont Tremblant vient tout juste de rouvrir après la période de dégel. En effet, bien que le sentier et les refuges soient accessibles à l’hiver en raquette, ils ferment en mars et avril pendant la fonte des neiges. Cela permet de préserver les sentiers et la nature, très fragile pendant cette période charnière. Le dégel vient tout juste de se terminer, mais le sentier est encore très boueux. De nombreux arbres sont également tombés pendant l’hiver, nous contraignant parfois à quelques acrobaties.






On enchaine les kilomètres à travers des bois encore dégarnis. Il fait frais à l’ombre, chaud au soleil. Et ça tombe bien, car lors de la pause du midi, on trouve un endroit magnifique, en plein soleil, au bord d’un lac. L’endroit est parfait pour déguster un délicieux couscous, qui deviendra immédiatement notre plat préféré pour nos aventures estivales. Il fait beau, il fait chaud, on a mal aux jambes et on a ressorti nos lyophilisés : ça sent l’été à plein nez, avec les aventures, le camping, le trek, le canot-camping, les feux de camp et plein de belles découvertes qu’on n’imagine pas encore (mais qui s’en viennent sur le blogue !). On compte bien profiter de chaque seconde de celui-ci.



On reprend la route après une bonne heure de pause et une petite sieste au soleil. Ce n’est pas encore le temps de la baignade, alors on repart sans même s’être trempés les pieds ! Il nous reste encore 9 kilomètres pour rejoindre le prochain refuge. On traverse des bois, des rivières déchainées, de belles chutes d’eau et quelques ponts sans croiser personne.




Et finalement, alors que nos pieds commencent à sérieusement chauffer, le refuge est en vue ! Wow, luxueux ! 😎

Ah, Rémi me dit dans l’oreillette que ce n’est pas notre chalet. Le nôtre est encore à… 5 kilomètres ! Aouch. On se dit que pour une première sortie de l’année, on a vu les choses en grand ! On est certes en forme, mais 48 kilomètres dès le premier weekend, c’est plus qu’une mise en jambe. Allez, on repart d’un bon pas sur un sentier beaucoup plus roulant.






Le dernier kilomètre nous paraît en durer 10. Les jambes sont lourdes et le sac à dos semble peser beaucoup plus lourd que ce matin. Mais le refuge est enfin en vue. Posé au bord d’un lac, il est aussi joli que celui de la veille et agencé à l’identique. Ce soir cependant, nous serons seulement 6. Les 2 autres groupes ont pris les lits superposés en bas, on s’étale donc sur la mezzanine. 8 places pour nous deux, on ne sera pas à l’étroit cette nuit ! Ce soir encore, on cuisine dehors. Au menu : risotto de champignons et velouté de champignons.



Jour 3 – 19 kilomètres du refuge La Cache au centre de découverte
Lundi 18 mai
Initialement, lorsque nous avons réservé deux nuits en refuge pour la longue randonnée de Mont Tremblant auprès de la SEPAQ, nous voulions faire le tour dans l’autre sens. 19 kilomètres le premier jour, 17 kilomètres le deuxième jour et 12 kilomètres le dernier jour. Mais dans ce sens, les refuges étaient complets ! C’est ainsi que l’on se retrouve à devoir marcher 19 kilomètres pour notre dernier jour, alors que nous sommes déjà bien fatigués. Le comble, c’est qu’on se réveille sous la pluie.
Encore pire que ça ? En voulant préparer notre petit-déjeuner, on se rend compte qu’un visiteur nous a rendu visite pendant la nuit. Nous avions innocemment laissé nos sacs au sol. Et une souris en a profité pour se glisser à l’intérieur du mien, grignoter le sac qui contient nos en-cas, grignoter le sachet qui contient les noix et tout dévorer. Heureusement, mon sac de randonnée n’a rien. Mais le petit-déjeuner sera plus frugal que prévu. C’est après cette petite déconvenue que nous quittons le refuge, sous la pluie.


Après une longue partie dans des bois sombres, silencieux et humides, nous nous trompons de chemin. On s’en rend compte au bout de longues minutes de marche, lorsque le sentier, de plus en plus sauvage, que nous suivons, s’arrête brusquement. Heureusement, on aperçoit le bon sentier, mais il est… de l’autre côté de la rivière. On la longe sur quelques mètres, tentant de trouver un passage pour traverser. En vain. Le courant est fort, et certains passages sont profonds. On aperçoit finalement un arbre couché en travers de la rivière. Après quelques hésitations, on décide de traverser à cet endroit. Le moment est un peu périlleux, mais on arrive tous les deux de l’autre côté sans tomber à l’eau !

On rejoint ainsi le sentier roulant qui doit nous ramener jusqu’à la route, après 9 kilomètres ! C’est long et monotone. On enchaine les virages, pour voir le chemin qui continue, encore et encore, jusqu’au prochain virage. On opte pour un rythme de croisière militaire pour avaler ces 9 kilomètres rapidement.

Finalement, la route du parc national est en vue ! Mais il reste encore 7 kilomètres pour rejoindre le centre de découverte et le parking où nous avons laissé Jeepy. Je propose à Rémi de faire du stop. Il refuse. Je lui propose donc de continuer à pied de son côté, et on se retrouve au Jeep. Il refuse aussi et, malgré mes négociations, tient à ce que je l’accompagne 😅. Aucune pitié ! Heureusement, c’est l’heure de la pause déjeuner. On trouve une table de pique-nique pour déguster un très bon pad thaï et reposer nos jambes endolories. Autre bonne nouvelle : le temps se lève ! C’est même sous un beau soleil printanier que nous rejoignons notre point de départ.




Nous arrivons au Jeep particulièrement fourbus et la démarche très raide. Mais nous avons adoré découvrir le chemin de longue randonnée de Mont Tremblant, si méconnu et pourtant si joli. C’était aussi la première fois que nous dormions en refuge. L’expérience a été agréable, surtout qu’elle nous permet d’emporter moins et donc de porter des sacs moins lourds que lorsque nous partons avec la tente. Nous préférons quand même être seuls dans notre tente au fond du bois plutôt que dans un refuge bondé. La longue randonnée de Tremblant est cependant une belle aventure, pas trop difficile, à faire en été… et pourquoi pas en hiver ? L’idée trotte en tout cas dans notre tête !









1 commentaire
Je suis crevée d’avoir fait tous ces kilomètres en lecture 😂😂
Paysages magnifiques. C’était sympa mais looong.
😘