Pour découvrir les merveilles du Nord-Ouest argentin, il faut oser quitter la route principale et sortir des sentiers battus ! Pendant 4 jours, nous avons parcouru les magnifiques hauts plateaux andins d’Argentine lors d’une expédition hors-route comme on les aime. Poussière, piste défoncée, paysages grandioses et immensité sans limite : on t’emmène à la découverte de l’altiplano argentin ! 😀
Vendredi 19 janvier 2024
Nous quittons le camping municipal de Salta sans avoir mis un seul pied dans la piscine géante ! Mais avant de quitter la ville : plein d’essence, regonflage des pneus, boulangerie pour faire le plein de pain et de chocolatines, achat d’empanadas pour notre repas de midi et achat du passeport de la Ruta 40. C’est quoi ça ? Une super initiative argentine à destination des voyageurs ! La Ruta 40 est la route mythique d’Argentine, qui permet de traverser le pays du Nord au Sud (ou inversement) sur plus de 5 000 kilomètres. Or, tout au long de la route, il est possible de faire tamponner le passeport dans chaque province du pays. Et à la fin, on obtient un diplôme ! Trop bien, non ? 😃

On quitte Salta pour rejoindre la petite ville de San Antonio de Los Cobres, 100 kilomètres plus au Nord. Sur la route, on suit le tracé du fameux Tren a las Nubes : le train des nuages. C’était à l’origine un train de mine, reconverti par la suite en train touristique panoramique. Il part de Salta, à 1 187 mètres d’altitude et va jusqu’après San Antonio de Los Cobres, à 4 200 mètres d’altitude.



Le Train des nuages termine sa course sur le viaduc La Polvorilla, une prouesse architecturale en acier. C’est aussi là que l’on termine notre course pour la journée, au pied du viaduc.

Samedi 20 janvier
Au petit matin, nous avons l’endroit pour nous tout seul. C’est ça aussi, l’overlanding 😊. Se réveiller sur des sites touristiques déserts, profiter de moments seuls au monde là où, normalement, il y a du monde, avoir ces endroits juste pour nous, le temps de quelques heures. Tandis que le soleil se lève doucement autour de nous et nous réchauffe progressivement, on prend le petit-déjeuner au pied du viaduc, puis on suit le sentier qui permet de monter sur le viaduc. De là-haut, la vue est belle sur l’altiplano argentin.



C’est parti pour une nouvelle aventure comme on les aime ! Car, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 😁 Pourquoi suivre la route quand de petites pistes hors des sentiers battus n’attendent que nous pour nous faire découvrir les plus beaux paysages ? Notre but aujourd’hui est d’attraper la Ruta 27. Cette piste longe la frontière chilienne sur plus de 400 kilomètres. On part donc pour quatre jours de trail dans un des endroits les plus reculés et les plus désertiques du pays. Eau en quantité, nourriture, essence : on est parés. Sur les premiers kilomètres, la piste de tôle ondulée et de poussière est empruntée par les énormes camions qui gèrent les mines de la région. À chaque passage (et ils nous doublent toujours à toute vitesse), ils nous inondent de poussière, au point que pendant quelques secondes, la visibilité devient nulle.



Des étendues désertes à perte de vue, des montagnes enneigées au loin, des déserts de sel exploités par l’Homme, des vigognes et des nandous qui nous regardent passer d’un air curieux. La piste serpente à travers l’altiplano argentin et nous emmène jusqu’à plus de 4 500 mètres d’altitude.



Changement radical de paysage au cours de l’après-midi. On traverse en effet le désert Del Diablo. La terre devient rouge. On enchaine des virages serrés pour redescendre dans la vallée. Et à chaque épingle, on s’asperge de notre propre poussière.




On arrive à Tolar Grande en fin d’après-midi. Le Jeep n’est plus noir, mais orange (dehors comme dedans !). Ça change ! 😆 Tolar Grande, c’est un petit village minier au milieu de nulle part. Les quelques habitants que l’on croise nous regardent passer sans un signe. On s’installe un peu à l’écart du village, près du terrain de foot.

Bilan de la première journée de piste : 198 kilomètres en 6 h 30 !
Dimanche 21 janvier
Le vent est tombé ce matin, comme c’est toujours le cas en ce moment. S’il ne nous laisse aucun répit en soirée, nous obligeant à rester à l’abri dans le Jeep et nous empêchant de sortir la tente, les matins sont toujours calmes et ensoleillés. On se rend à Ojo de Mar, un bassin d’eau salé en bordure du village.



Après quoi, c’est parti pour une nouvelle journée de piste ! On traverse le Salar d’Arizaro, le plus grand salar d’Argentine, mais pourtant tout petit comparé à l’immense salar d’Uyuni en Bolivie !




Puis on traverse des paysages désertiques. Ici, sur cette terre aride chargée en sel, rien ne semble pouvoir pousser. Mais les montagnes colorées apportent une jolie touche de couleur. À midi, on fait une pause au milieu de nulle part. Au menu : pan con tomate, charcuterie, avocat et fromage de chèvre ! Le temps d’une heure, le silence paisible remplace le fracas du Jeep sur la tôle ondulée. Ça fait du bien ! 🥴



Puis c’est reparti ! On prend de la hauteur, jusqu’à atteindre plus de 4 000 mètres d’altitude. Là-haut, dans les montagnes, des pistes poussiéreuses permettent de monter encore plus haut, jusqu’à 5 000 mètres voire plus. Elles permettent aux camions et aux travailleurs d’accéder aux mines. Certaines sont encore en activité, d’autres sont fermées. On aperçoit même un cable cart ! C’est fou cette capacité qu’à l’Homme à aller exploiter même les endroits les plus inaccessibles…

La piste nous emmène toujours plus loin et toujours plus haut sur l’altiplano argentin. Sur les plateaux, des touffes d’herbe aplaties par le vent colorent le paysage de jaune. Les seuls habitants visibles des lieux sont des dizaines de vigognes qui s’enfuient à notre approche.






En fin d’après-midi, on arrive en vue du Cono de Arita, notre destination du jour. Ce cône presque parfait se dresse seul au milieu de nulle part sur l’altiplano argentin.



Près du Cono de Arita se trouve l’entrée bien gardée d’une mine d’or. À notre approche, un garde sort de la guérite pour nous accueillir. On a entendu dire qu’il était possible de prendre une douche chaude dans les locaux de la mine. « Claro que si ! », nous répond le garde avec un grand sourire 😀. Il nous demande également si on compte traverser le territoire minier. Si oui, il nous fournira une escorte. On répond que c’est gentil, mais on veut juste une douche ! Il nous propose de l’eau. On décline en lui disant que l’on a tout ce qu’il faut. Il nous propose de dormir ce soir dans un des dortoirs. Merci, mais là aussi, on est bon. Quelle gentillesse au milieu de nulle part ! On profite donc d’une super douche chaude dans les locaux de la mine, le tout gratuitement ! Big up pour les miniers argentins ! 😀

On s’installe ensuite pour la soirée près du Cono de Arita. Ce soir encore, le vent est violent et on peine à trouver un abri. Pas facile de cuisiner dans ces conditions !

Bilan de la deuxième journée de piste : 150 kilomètres en 6 heures ! Véhicule croisé : 1 camion.
Lundi 22 janvier
Le Nord de l’Argentine nous offre à nouveau une matinée resplendissante ! Le ciel est d’un bleu limpide, le vent est tombé et Rémi en profite pour lancer le drone à l’assaut du Cono de Arita, à deux kilomètres de là. C’est ambitieux pour notre petit drone ! Et après quelques minutes, ce qui devait arriver arrive : à court de batterie, le drone se crashe sur le chemin du retour. Premier crash en deux ans d’utilisation ! Heureusement, il s’est posé « en douceur » entre deux roches et semble aller bien. Changement de batterie. Pour s’assurer que tout va bien, Rémi le relance. Il le fait voler quelques secondes, puis le redescend. Au moment de le réceptionner, mauvais calcul et Crash ! Une des hélices du drone entaille le doigt de Rémi et le drone se crashe à nouveau ! Deuxième crash en 5 minutes ! Heureusement, tout va bien.

Après ces péripéties, on ne traine pas pour prendre la route, car une longue journée de piste nous attend. On commence à avoir l’habitude de la poussière qui envahit l’habitacle dès les premières minutes. D’ailleurs, on n’essaye même plus de lutter, on sait déjà que l’on fera le ménage ce soir. Par contre, ce à quoi on ne s’habitue jamais, c’est le vacarme et les vibrations engendrés par la tôle ondulée. Heureusement, on oublie quelque peu ce désagrément face aux paysages que l’on traverse. La piste nous emmène jusqu’à un col à 4 300 mètres d’altitude. De là-haut, les paysages de l’altiplano argentin sont à couper le souffle.




On traverse le salar d’Antofalla, puis la piste remonte jusqu’à nous faire passer un deuxième col.

À midi, on fait une pause dans une vallée verdoyante pour déjeuner. Voilà plusieurs jours que l’on n’avait pas vu de vert ! On déguste notre repas au milieu des lamas, des vigognes et des nandous qui habitent les lieux. C’est super beau et super paisible !

Reprise de la route. On est à nouveau seuls au monde sur cette piste qui serpente à travers l’altiplano argentin. Dans les montées, on est à l’écoute du moindre signe de faiblesse de Jeepy. En effet, le réservoir est à moitié vide et c’est à ce moment qu’il a tendance à faiblir. Or, ce n’est clairement pas le moment de tomber en panne ! Dès qu’il se met à toussoter, on s’empresse de remettre un bidon d’essence et il repart sans autre soucis. On soupçonne une essence de mauvaise qualité… Autre problème plus énigmatique : lorsque ça secoue trop, la porte côté conducteur s’ouvre toute seule ! Rémi passe donc son temps à la refermer ! 😅

Après 2 heures de piste, on atteint un nouveau col à une altitude record de 4 600 mètres ! À partir de là, il n’y a plus qu’à redescendre. Et en effet, une longue descente à travers un canyon rempli de vigognes nous emmène en 2 heures jusqu’au petit village d’Antofagasta. Il semble niché dans une oasis de verdure. Le village est désert, il n’y a pas grand chose d’ouvert, mais on trouve quand même une petite station-service ! Et la bonne nouvelle : il y a de l’essence ! On en profite donc pour faire le plein du réservoir et d’un bidon de 20 litres. Direction ensuite le volcan Antofagasta et son impressionnant champ de lave.

Il est 16 heures, mais on décide quand même d’entreprendre la courte ascension jusqu’au sommet.




Le défi du soir : trouver un bivouac abrité du vent. Il souffle fort dans la région et rien ne semble pouvoir nous abriter. On s’installe d’abord sur le parking de la randonnée, pensant être à l’abri du vent. Mais plus le temps passe et plus le vent est fort, faisant voler le sable autour de nous. On roule donc quelques kilomètres jusqu’à trouver une piste qui s’enfonce dans le champ de lave. Là, au milieu de la roche volcanique, on fait plusieurs essais mais rien n’y fait : où que l’on soit, on est en proie à un vent terrible. Tant pis, on n’a pas d’autre choix que de passer une autre soirée dans le Jeep pour s’abriter des violentes rafales de vent et éviter de manger du sable.


Bilan de la journée : 175 kilomètres en 6 heures.
Mardi 23 janvier
Nouvelle matinée radieuse. Une nouvelle piste nous emmène face au volcan Carachi Pampa et son champ de lave. L’activité volcanique semble forte dans la région, car des volcans ont fleuri partout ! Le Carachi Pampa se dresse au bord d’une belle lagune qui nous rappelle celles de la Laguna Road en Bolivie. Le paysage est magnifique, entre lagunes asséchées, lamas, montagnes colorées et champ de lave noir. Le noir du champ de lave contraste d’ailleurs magnifiquement avec les couleurs alentours !




Une piste de sable et de roche volcanique nous permet de faire le tour du volcan.

On arrive ensuite à Campo de Piedra Pomez et ses roches blanches qui tranchent dans le paysage.



De là, on prend la route du petit village de El Peñon. Fini la piste poussiéreuse, la route est belle et roulante et ça fait un bien fou après toute la tôle ondulée des derniers jours. Au village, on achète quelques empanadas pour 2,50 € ! On mange en regonflant les pneus, car la piste, c’est fini ! C’est maintenant une belle route qui nous emmène à travers l’altiplano argentin.

En fin d’après-midi, on frappe à la porte d’un petit camping municipal. Il n’y a personne. Pour s’installer sur son terrain, le gérant nous demande… 0,50 € par personne ! Alors là, c’est rentable 😃 Le Sprite nous coûte d’ailleurs plus cher que la nuit de camping ! Pour la première fois depuis plusieurs jours, on est enfin totalement abrités du vent. On sort donc la tente ! La soirée est chaude, douce et agréable, avec une douche froide à la piscine en prime. Enfin on peut pleinement profiter de notre soirée !

Bilan de la journée : 230 kilomètres en 6 heures. Fin de la piste ! Dès demain, c’est la belle et mythique Ruta 40 qui va nous emmener à travers l’Argentine, toujours plus au Sud… et sous une chaleur caniculaire !
2 commentaires
Cette traversée du nord de l’Argentine présente des paysages magnifiques très diversifiés. Que c’est beau….
Trop de vent ? Comme chez nous …
Bisou
désertique, aride, sauvage ….mais que c’est beau !!!
Toutes ces différentes couleurs à travers les paysages sont magnifiques.
Bisous.
Mamie