Fini Bali ! Du moins pour un temps 😉. Après avoir découvert la côte Nord de Bali et ses dauphins, puis avoir passé 5 jours riches en aventures à Ubud et ses alentours, il est l’heure pour nous de quitter Bali. Le temps de 3 jours qui s’annoncent épiques, nous partons à l’aventure sur la grande île voisine de Java. Au programme de ce road trip de trois jours sur Java : l’ascension du Kawah Ijen, un des volcans les plus connus d’Indonésie. Lors d’une randonnée de nuit, nous partons découvrir ce volcan actif d’Indonésie, célèbre pour ses flammes bleues, sa mine de soufre et son spectaculaire lac d’acide turquoise. Nous qui adorons les volcans, nous allons être servis !
Direction Java : en route vers l’ascension du Kawah Ijen
Java est la grande île située juste à l’ouest de Bali, qui accueille l’ancienne capitale de l’Indonésie : Jakarta. Bien moins touristique que sa célèbre voisine, c’est à l’Est de Java que se trouvent certains des volcans les plus impressionnants d’Indonésie, comme le Kawah Ijen et le mont Bromo.
Vendredi 13 février 2026
Encore émerveillés de notre ascension du plus haut volcan de Bali, l’Agung, nous nous élançons en direction de Java. Pour découvrir les deux célèbres volcans de l’Est de Java, l’Ijen et le Bromo, nous avons pris un tour tout compris depuis Ubud. Visiter l’Ijen et le Bromo depuis Bali représente beaucoup de route en 3 jours. Un long périple nous attend. Le chauffeur, Radin, vient nous prendre à notre hôtel d’Ubud à midi. On récupère son copilote qui sera là pour le seconder pendant les longues heures de route (pas du tout, c’est en fait sa copine avec qui il s’offre un weekend tout payé). Puis, nous quittons Ubud et son trafic chaotique. Cinq heures de route le long de la côte nous emmènent jusqu’au port de Gilimanuk, à l’Ouest de Bali. De là, une paisible traversée d’une heure en ferry nous permet de rejoindre l’île de Java.


On s’élance ensuite pour un long trajet jusqu’au volcan Kawah Ijen. Parce que nous allons passer 24 heures dans la voiture avec Radin, (oui, 24 heures de route en tout !), je vais prendre quelques lignes pour te présenter le personnage. Radin est un chauffeur habile, mais impatient, voire tempétueux. S’il n’y avait pas le trafic chaotique indonésien, il roulerait probablement beaucoup trop vite. D’ailleurs, ce trafic ne l’empêche pas de faire des pointes de vitesse excessive dès qu’il en a l’occasion, qu’importe les scooters, les piétons, les animaux ou les enfants.
La seule chose qui peut l’arrêter, ce sont les véhicules plus gros que lui. Dans ce cas-là, il les colle autant qu’il peut sans les toucher, se décale un peu à droite pour avoir la visibilité sur ce qui arrive en face, puis attend son heure. Et son heure, ce n’est souvent pas la nôtre ! La grande majorité du temps, nous pensons tous « non, ça ne passe pas ». Mais sache-le, en Indonésie et avec Radin, ça passe toujours. Parfois ça passe juste. Parfois ça passe très juste. Bref, en résumé : on s’est vus mourir une dizaine de fois. Vraiment. On n’a pas fini d’en voir de toutes les couleurs avec lui…
Notre logement au Kawah Ijen : un homestay sommaire et correct
Nous arrivons à bon port à 20 heures, après 9 heures de trajet et un décalage horaire. Nous sommes sur les nerfs, fébriles et avons grandement besoin de calme, loin de la route et de la conduite frénétique de notre chauffeur. Celui-ci nous dépose dans un Homestay, un petit hôtel bas de gamme chez l’habitant. L’endroit est sommaire et propre, ce sera parfait pour la nuit. Au restaurant, on se fait servir des pisang goreng (bananes frites), un mie goreng (nouilles frites) et du thé au jasmin très parfumé. De quoi nous détendre un peu. On part ensuite se coucher, épuisés par cette journée de route rocambolesque.




Ascension du Kawah Ijen de nuit : entre randonnée physique et fumée toxique
Samedi 14 février
C’est à 1 heure du matin que Radin vient nous prendre à l’hôtel. On emprunte une route étroite qui serpente dans les montagnes pour rejoindre le point de départ de l’ascension du volcan Kawah Ijen. Là, on retrouve quelques dizaines de touristes, majoritairement des indonésiens. En attendant que le parc du Kawah Ijen ouvre, nous dégustons des bananes frites, histoire de prendre des forces avant la randonnée sportive qui nous attend. On avait entendu parler d’une visite médicale à faire pour visiter le Kawah Ijen. Mais, peut-être parce que nous sommes hors saison, personne n’y fait allusion. À 2 heures, accompagnés de notre jeune guide Ali, nous nous élançons sur les pentes du volcan. La randonnée jusqu’au cratère fait 3 kilomètres et 500 mètres de dénivelé positif.
Au détour d’un virage, alors que nous approchons du sommet, une bourrasque de vent emmène jusqu’à nous les relents de soufre du volcan. On se met immédiatement à tousser, les yeux en larme. L’air devient irrespirable, c’est très angoissant. Aussitôt, Ali nous fait signe de mettre nos masques à gaz. En effet, le Kawah Ijen dégageant des vapeurs de soufre toxiques, il est obligatoire d’emporter un masque à gaz. Ni une ni deux, nous enfilons nos masques et reprenons la marche.


Ce n’est pas aisé de marcher avec cet énorme masque sur le visage. Aussi, dès que le vent tourne et que l’air redevient respirable, nous l’enlevons. Après 2 heures de marche, nous atteignons la crête du volcan. L’intérieur du cratère est noir, mais on distingue nettement une procession de lumières en train de descendre en son fond. C’est impressionnant. Le Kawah Ijen est un volcan actif. On distingue d’ailleurs nettement les volutes de fumée blanche qui s’échappent du cratère. L’idée de descendre là-dedans, au milieu de toute cette foule, a quelque chose d’angoissant.


Au fond du cratère à la recherche des célèbres flammes bleues du Kawah Ijen
La descente dans le cratère de l’Ijen est technique. Le terrain est accidenté, avec de hautes marches et un précipice parfois vertigineux. On ne cesse de mettre et d’enlever nos masques quand le vent envoie les vapeurs de soufre dans notre direction. Elles piquent les yeux, le nez et la gorge et parfois, même à travers le masque, on se surprend à tousser. Il faut garder son sang-froid, ne pas paniquer et attendre que ça passe. On atteint finalement le fond du cratère et on s’approche de la mine de soufre. Le volcan Kawah Ijen est célèbre pour ses spectaculaires « flammes bleues ». C’est un phénomène rare causé par la combustion du soufre au contact de l’air à très haute température. Elles ne sont visibles que de nuit, c’est pourquoi nous sommes venus si tôt. Malheureusement aujourd’hui, à cause de récentes pluies, le phénomène n’a pas lieu. Dommage !







Les mineurs de soufre du Kawah Ijen : un travail pénible et dangereux
Là, sous un nuage de fumée, parfois sans masque et sans protections, travaillent les mineurs de soufre de l’Ijen. À l’aide de pioches et de pelles, ils arrachent des morceaux de soufre de la montagne. C’est un travail pénible et dangereux, qu’ils effectuent au milieu des dizaines de touristes. On essaye de ne pas les gêner, même s’ils se prêtent volontiers au jeu des photos ou vendent de petites figurines en soufre. Ils peuvent transporter jusqu’à 90 kilos de soufre dans deux paniers en bambou qu’ils suspendent sur leurs épaules pour remonter jusqu’à la crête du volcan.
Les mineurs de soufre sont payés environ 1 000 roupies indonésiennes par kilo de soufre, soit près de 0,05 €. En effectuant généralement deux allers-retours par jour, ils gagnent davantage que de nombreux ouvriers agricoles de la région. Pourtant, leurs conditions de travail restent extrêmement dures : ils évoluent au milieu de vapeurs toxiques et portent des charges très lourdes sur des pentes abruptes. Beaucoup souffrent de problèmes respiratoires ou articulaires, et certains finissent par se reconvertir dans le tourisme en devenant guides pour les visiteurs du Kawah Ijen.
Le jour se lève peu à peu, illuminant le cratère d’une lumière grise. On aperçoit mieux la mine et les trous béants dans la roche qui expulsent sans discontinuer un nuage de fumée. Avec le lever du jour, l’ambiance devient moins oppressante. On a même l’impression de mieux respirer. En réalité, on est maintenant capables d’anticiper les changements de direction du vent, et donc de la fumée. Dès que le vent tourne, on enfile rapidement nos masques et on attend que ça passe. Puis, dès que c’est terminé, on peut les retirer.








Paisible mais dangereux : le lac d’acide du volcan
Le Kawah Ijen abrite un impressionnant lac volcanique turquoise considéré comme le plus acide au monde, avec un pH proche de 0. Cette acidité extrême est provoquée par les gaz sulfureux émis par le volcan, qui se dissolvent dans l’eau et forment des acides très corrosifs.




Les paysages lunaires du volcan Kawah Ijen
Après deux heures passées au fond du cratère à s’imprégner de cette ambiance apocalyptique, il est temps de remonter. On jette un dernier regard à la scène, presque irréelle. Le spectacle qu’offre le Kawah Ijen est à la fois puissant et désolant. Et en prenant de la hauteur, le cratère se dévoile dans son entièreté, parfois enveloppé de sa fumée opaque…



Et parfois pleinement dégagé, quand un coup de vent vient chasser la fumée.

À mesure que l’on prend de la hauteur sur les pentes accidentées du cratère, toute la beauté du paysage se dévoile sous nos yeux ébahis. C’est la magie des ascensions de volcan de nuit : ce n’est qu’au petit jour que l’on découvre ce que la nuit nous a caché. On aperçoit enfin toute l’immensité du cratère béant du Kawah Ijen, aux parois rocheuses verticales. Et en son creux, le lac volcanique brille d’un bleu-vert à la fois paisible et dangereux, un peu hypnotique. C’est à couper le souffle.







Bilan de notre ascension du Kawah Ijen
On atteint la crête du volcan après de longues minutes de marche. On n’a pas espoir d’apercevoir le lever de soleil aujourd’hui, mais qu’importe. La vue sur le volcan est parfaitement dégagée, et c’est tout ce que l’on espérait pour notre randonnée à l’Ijen en saison des pluies. On mesure notre chance en jetant un dernier regard au cratère fumant du volcan. Nous sommes un peu émus de le laisser dernière nous. Même si nous n’avons pas eu la chance d’apercevoir les célèbres flammes bleues, ce n’est qu’une maigre déception comparée à l’expérience incroyable que nous a offert le volcan Ijen.

La descente sur les pentes du volcan est longue et pénible. La pente est abrupte et, bien que le sentier soit plat et régulier, c’est rude pour les genoux. Ce n’est qu’à 9 heures, après deux heures de descente, que nous arrivons au point de départ de la randonnée vers l’Ijen. L’ascension du Kawah Ijen sur l’île de Java en Indonésie n’est pas nécessairement très exigeante, bien que la descente dans le cratère (et ensuite la remontée) soit tout de même très accidentée et parfois vertigineuse. Les fumées toxiques et la descente de nuit dans le cratère du volcan peuvent cependant être oppressantes et angoissantes. Il faut également veiller à ne pas entraver le pénible travail des mineurs de soufre, qui continuent leur tâche difficile au milieu de la foule des touristes.
On s’offre un copieux petit-déjeuner dans le seul warung au pied de l’Ijen, puis Radin nous presse de reprendre la route. En effet, 8 heures de route nous attendent encore pour rejoindre un autre volcan célèbre de Java : le Bromo.
Infos pratiques sur l’ascension du Kawah Ijen
L’ascension du Kawah Ijen est-elle difficile ?
L’ascension de l’Ijen n’est pas réputée technique et ne présente aucune difficulté majeure, si ce n’est une pente raide et continue pendant 3 kilomètres. Il faut tout de même venir préparés. De bonnes chaussures de marche sont de mise. Des bâtons de randonnée peuvent aussi être utiles, car le sentier est raide sur le volcan, puis accidenté dans le cratère. Il faut également emporter une lampe frontale (fournie par le guide dans notre cas), car l’ascension se fait de nuit.
Faut-il faire une visite médicale avant de faire l’ascension de l’Ijen ?
Depuis 2024, un certificat médical d’aptitude (daté de moins de 48 heures) est apparemment obligatoire pour visiter le Kawah Ijen. Cela permet de s’assurer que les randonneurs qui s’aventurent sur les pentes du volcan ont la condition physique nécessaire. Dans les faits cependant, personne ne nous en a parlé ou demandé de fournir le document, peut-être parce que nous y étions au mois de février, en basse saison.
Peut-on monter le Kawah Ijen en saison des pluies ?
Oui ! Bien sûr, les chances d’avoir du mauvais temps et des conditions difficiles (pluie, froid, boue, sentiers glissants) sont plus élevées en saison des pluies que le reste de l’année. Mais faire l’ascension du mont Ijen en saison des pluies est tout à fait possible. L’avantage est qu’il y a beaucoup moins de monde à cette période. De quoi moins se faire marcher sur les pieds au fond du cratère.
Le Kawah Ijen est-il dangereux ?
L’Ijen est un volcan actif, donc le risque est présent. Mais dans les faits, il y a peu de risques à faire l’ascension de l’Ijen et à descendre dans son cratère, surtout en compagnie d’un guide. Le risque principal est dû aux fumées toxiques de soufre émises par le volcan. C’est pourquoi un masque à gaz est obligatoire pour monter l’Ijen. Il est fourni par le guide.
Peut-on voir les flammes bleues toute l’année ?
Oui, les célèbres flammes bleues du Kawah Ijen peuvent être observées toute l’année, car elles sont provoquées par la combustion des gaz de soufre du volcan. Elles ne sont visibles que de nuit. Toutefois, de fortes pluies récentes peuvent refroidir ou perturber les écoulements de soufre incandescent, rendant le phénomène beaucoup moins visible, voire totalement absent. C’est exactement ce qui nous est arrivé lors de notre ascension, malgré un départ en pleine nuit pour tenter de les observer.









1 commentaire
Autant il fallait imaginer que nous étions sur un volcan 🌋 lors de l’ascension du Mont Batur, autant avec le Mont Ijien, pas besoin d’imaginer, on est dans la réalité d’un volcan 🌋 actif. C’est un des plus beaux sites naturel que j’ai jamais vu ! Je n’en reviens pas de découvrir ce genre d’endroit. Extraordinaire, j’ai adoré
💚💛💚💛.
J’ai eu du mal à quitter ce cratère hostile avec des éboulis partout, ce jaune orangé du soufre, ces fumerolles toxiques blanches, et ce lac d’un vert bleu turquoise paisible attractif mais au combien mortel !
Quelle chance d’avoir des enfants globe-trotters qui m’invitent à partager ce genre de moment hors du temps ! Époustouflant… Quelle expérience !
Jai ressenti un certaine gêne entre mon bonheur de découvrir ce site, et être une touriste parmi des mineurs en plein travail. Un tour de force de remonter hors du cratère en tong ou bottes de pluie, aucune adhérence, pas de masque ou un simple foulard, et un balancier en bambou sur les épaules avec 45 kg de chaque côté !
Ça valait vraiment le coup toutes ces heures de route avec Radín (pas radin 😂 comme il disait), surnommé « le chauffeur fou » 😱